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L S 2007

stèle 2004

L S stèle1 2004
L S stèle 2004

L S mère et enfant 1996

Il faut croire qu’au temps début le chant doux déplié comme une complainte du corps la mère à l’enfant, encore le corps même et la langue prends des intonations les sons seins de  la lumière, chaleur, terre, sueur, la mélopée inlassable tisse les liens en un avant-goût du monde , de la mère à l’enfant le sentiment est maintenant monde et chante, inlassablement comme le vent creuse la latérite,

L S liane 1995

l’attachement raconte l’amour , la guerre, les grandes veines de la terre et le baiser mélancolique du fleuve, les griefs de la pluie, le rêve, l’ancêtre et la haine des autres, l’histoire histoire pelote enroule le fil des lèvres à l’oreille, à ce qu’il faut bien nommer le corps, à le chercher, dedans, à toucher et violemment saisir, à l’absence et l’écart autour, à ce bois ascendance, le ciel est dans ses veines et l’écorce frémit de sève, même sec il en frémit encore, assoiffé, refrain ces raccourcis, ce sont les limites qu’il faudra franchir, le père et les murs de la terre, un jour il faudra aller les pieds alouettes du sol, les retrouver.

L S danse caraïbe 1996

Parfois je me souviens de mes vieux rêves , ou comment la peinture pour moi a commencé, voir, étale, les mots s’étirent pour informer l’espace et se montrer du dedans, la couleur sans confins se résume à la voile déborde la toile et tente la traversée, à bout de sel l’Ariel scande ne la trouver que dans le partir, l’arrivée ou est ce le transit , l’immobilité apparente de la pétulance ; j’écoutais Henri me parler de la terre solaire et le monde entre ces voiles prenait forme, moi dans mon antre et mon vouloir-peindre , je laissais dériver le devenir à l’être et l’imaginaire sculptait, recherchant les sources de l’humain au plis d’ombre de l’écorce , palpant la terre ou ce repos comme socle, l’oubli referme en grands dessins de cercle, poudre fine la soie permet l’envol, évanescences les couleurs intérieures comme cette carte du monde que les visages peignent,

sur l’eau l’homme à la proue du courant, l’inquiétude tend le corps qui veut répondre à la question , du qui au où,

L S solitude 1996

évidemment c’était il y a longtemps,

et j’effilais la pointe du couteau écriant la matière qui glissait, malaxait, le pressentiment s’alliait à la sensation , dans une fine alliance la transe musicale, le voyage entamé se continuait dans le geste créateur, la matière-la luz muette en image, même si acte préparatoire et doute, vision et cheminement par la rumination et la lumination, corps transporté en rêve ou les frontières entre le moi et l’autre s’estompent , dialogue fécondateur ou l’écho seul pouvait envisager , il n’était pas question face à face , le réel grondait au dehors et je savais que la peinture était à prendre le chemin, rencontrer la foudre et l’insatiable de l’air, les éléments et l’homme gravé dans la mer le ciel, avance sur l’herbe et la poudre de la route, au risque de la terre,

L S mémoire de la terre, 1996

je pensais à l’aède, au chamane, au guérisseur, je pensais aux grands voyageurs, et parfois je partais, levais l’ancre à l’antre pour la rencontre, la brûlure impré-visible, mais ce n’était pas le grand voyage, ni le voyage en Orient ni se mêle celui de mon ombre, l’Afrique fantôme, brique et tuile et, Agadès attendait, ma fenêtre ouverte déployait en Pan le fracas de la voix des montagnes le défilé bouche et doigts sur la flute assombrissait et la rencontre me parvenait en rumeur ( M Dimé, M Barcelo, cl Nougaro,  Jog, Nusrat, Jimmy et tant d’autre ), les contours de l’humain en moi prenait la forme de l’autre, éxotait et devenait muraille, celle de Ségou peut être et promettait par la journée ouverte un retour à la densité ; pour l’heure arrêté par rien de réel , je rêvais , et le disais en peinture ;

c L S , l’envol huile 1996

don de l’aigle ,” saut ou envol de l’être, d’autre y ont vu le phénix et cette envolée de lumière au brûlot flamboyant n’a jamais voulu quitter son autre , peut être s’y sent il bien ou s’envole il le soir transformant l’ombre en lumière dans un brasier allumé en hommage au jour , à l’air ensorcelé,

es tu d’Oxun !  oiseau de feu, es tu de Russie, es tu maya, exulte tu dans le cri des montagnes condor qui secoue l’espace

simple souhait de l’esprit ou liberté rythmé dans l’ouvert à l’aurore d’un bleu méridional ? Rut fado l’étreinte atlantique les relents d’un brasier d’Afrique dissimulent la bouche au sang de l’effusion.

L S la saison des amours, 1996

nouvelle version d’Amina sur

le regard d’Orion

Amina, c’est le nom que je te donne , sa farine touche à toutes les rives, je n’ose les dire,

la peau s’éclat soie noire comme nuit au soleil, elles pourraient disparaitre,

ce n’est que fruit et fleur
abeille mutine à rive d’elle
une carte marine charme
sombre la profondeur océane

les plis de la bouche touchent au bord de l’ébène

cœur mûre et l’œil serré quand je croise tes yeux, la peau brune les veines d’un noir bleu de lave
lisses
tes cheveux ramenés comme deux mains saisissent le ciel………..

© L S 2008

l’ombre taille…

© L S 2008

© L S danse 2003

© L S danse 2003


© LS signe 2004

mes peintures sur le site de Christian Vidal



Certes il y a l’Asie , influence très forte comme pour beaucoup , la nature , l’espace du monde , le vide ou tout se joue etc. mais je suis aussi un vaste métissage, toutes les influences en moi qui parce que je les ai découverte au compte-gouttes, sont très importantes , c’est le monde souterrain du réel et mon gout de la vie , la nécessité de faire remonter un langage qui nécessairement doit se réinventer , oser un nouveau chemin et affirmer l’existence , la mienne parce que c’est moi qui parle et que je ne peux avoir que mon point de vue, mais ce point de vue est taillé à coup de hache de tous les cotés , des entailles profondes , des gouffres et des isthmes, des lacs bleus et des pluies noires, beaucoup de complexité et aussi de contradiction , non je ne suis pas à la recherche du silence mystique et en même temps je crois bien que oui , drôle de mélange je crois que Chu Ta , aurai dit ok man je te comprends ,ces dents me sourient et me disent en penchant du cotés de ma besace surtout tiens bon et résiste avec délectation ! il y tant de saveurs et on ne peut pas redescendre là en bas , l’obscurité est tombée car les vautours et les insectes cachent le soleil , il n’y a que là-haut où la vue est dégagée , il n’y a que là-haut où la langue de ma mère peut resplendir et mon pincel est un sabre tu le sais bien lam , ce nom je rigole tu te l’es donné à partir de la racine quand on t’a planté , que de nom commencent par cette lettre et enfile le chapelet des ombres et des lueurs ,

en fait je rêve de soleil, je rêve de lune et les langages du monde m’y engrossent, les brumes que je vois filer sur l’étal du ciel sont couleurs et vapeur, de la suie, tu sais l’encre est faite comme cela , ah oui l’aquarelle , mais on pourrait aussi concasser les roches, infuser les fleurs et recueillir les pleurs des filles, le jus des tresses des fenaisons, inventer des mots comme indigo , alizarine aussi bien que noir , et tracer l’élan de ce que mes yeux embrassent et dénudent , oui jusqu’à en voir les poils , ah ah ah tu sais il n’y a pas de retenue à avoir si tu veux peindre ;

et en même temps il te faut convier la retenue impeccable de ce qui est au milieu de cet accablement du monde , ça on le sait, le monde est là, tu t’en saisis et il s’évanouit ,comme une femme, il grimpe et dévale en même temps que tu le vois et tu l’appelle que dis-je, tu l’invoques ! pense à tout ce que tu ne vois pas, que tu devines et tout ce que tu ne peux que te confier en soliloque ;c’est pour ça que c’est musique à en faire grincer les arbres et les becs des ailés, je sais je suis un peu long mais il y les bouteilles de cette piquette de la vie qu’il faut boire c’est pour cela que je te parle et que je déguste, pour cela que les mots je les lance de mon à pic , dans le vent, comme un papillon, comment dit on dans la vieille langue , ah bah et dans la nouvelle langue, celle que tu cris chaque jour ! celle de la lune et des points de suture du ciel, celle qui te gratte quand tu t’endors sur l’herbe ,

et puis d’un coup il n’y a plus qu’un trait, il surgit et envahit, comme d’une forge et sans un bruit mais c’est la que le ouistiti rit , oui il rira d’un beau gras éclat de rire, sinon tu t’écroules, tu y croiras alors que tout est à recommencer, non ce n’est pas le vin, c’est … pour ça que tu peins

© studio stonek , punta del diablo,

© studio stonek , Santa Teresa

© LS 2006

© LS 2006

© L S 2006

Paysage

Je ne sais pas à quel age , dans mon très jeune temps, j’ai rêvé d’avoir développé un texte qui s’enroulait innocemment mais dans une drue manière de triomphe sur lui-même, jusqu’à engendrer au fur et à mesure ses propres sens.


© L S 2006

La répétition en était le fil,avec cette imperceptible déviance qui fait avancer. Dans ce que j’écris, toujours, j’ai continué ce texte.

© L S 2006

Je m’ennuie encore de ne pas retrouver l’enhalement tant tourbillonnant qu’il créait, qui semblait fouiller dans une brousse et dévaler des volcans.

Mais j’en rapporte comme une ombre parfois, qui relie entre elle les quelques roches de mots que j’entasse au large d’un tel paysage, oui une brousse sommée d’un volcan.

© Edouard Glissant, la cohée du Lamentin , poétique V, (Gall.)

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