ECRITURE POETIQUE


L S friches 2007

un hiver
la brume

lancinance
les assauts de l’humidité

ne se laissent voir
comme une vague voile

ce trajet parfois permettrait des percées et le silence débouchait sur la
lumière


blanche,

au loin une aspiration

un départ

est ce celle nichée au delà des mers

peut être


au creux des vallées si tu te penches tu vois des cavernes en friche au pieds des blés

derrière la porte deux poteaux entrecroisent le branchage au toit et parsèment le rouge

errance et enlacement aux points

les clous des poussières chavirent l’espace

le chemin est à prendre et se perdant dans les baies sauvages

mûres et chênes hachés au son taillé

cerises
rouge noires

dièse à la lune

l’Atlantique en pluie bruine au matin

à l’orient l’occident baille


mythe cycle et rythmes arrachent le pleur noué de la nuit

à marcher le pas élance

le jour
carné

se tait en naissant

L S 2005

L S terre foret 2003


mais aussi l’oiseau , caché dans les hautes herbes ou le bec tranchant l’air il s”oppose au lézard, s’épuise t’il à courir les traces rouge des steppes ou était ce près d’un lac , là entre les eaux où errent les poissons , se délectant de la bise qui ride le courant ,

où est l’oiseau quand dans notre esprit il a fini d’occuper le mythe ?

l’ai je salué quand hors de la voix il est remonté des tunnels du rêve?

L S 2007

nouvelle version d’Amina sur

le regard d’Orion

Amina, c’est le nom que je te donne , sa farine touche à toutes les rives, je n’ose les dire,

la peau s’éclat soie noire comme nuit au soleil, elles pourraient disparaitre,

ce n’est que fruit et fleur
abeille mutine à rive d’elle
une carte marine charme
sombre la profondeur océane

les plis de la bouche touchent au bord de l’ébène

cœur mûre et l’œil serré quand je croise tes yeux, la peau brune les veines d’un noir bleu de lave
lisses
tes cheveux ramenés comme deux mains saisissent le ciel………..

Ne te sers pas du réel pour justifier tes manques,
réalise plutôt tes rêves pour mériter ta réalité

“passionnément vivre un paysage. Le dégager de l’indistinct, le fouiller, l’allumer parmi nous. Savoir ce qu’en nous il signifie. porter à la terre ce clair savoir.”

(édouard Glissant, l’intention poétique, seuil)

© L S bosquet 2004

el poeta bataille pour ne pas perdre l’équilibre, non dans la cohée du Lamentin mais dans la cohue de l’émeute des retours accroché à la paterre du métro

© L S el poeta 2005

non je n’ai pas dit de la meute ni de l’émeu , concentrez vous s’il vous plait au lieu de me faire répéter stupidement le bec en l’air ; mais ou cela va t’il finir !

traces pourpres reluisent dans le jet de la mémoire , s’enchaine dans une perception du mouvement , le rythme ne calme pas l’attente , il remonte le temps et frappe la terre comme un retour en retombée danse et piétinement , tu te prête à la vitesse , aux ailes de glaise le roc dur est envolé , la brisée de rive en rive , le pas est accordé à l’oiseau, le vert terre remémore, ce vent ondé raconte l’exode et le rêve de puissance, accroché à l’euphorie du dépassement

© L S, 2007, caballo


caballo, pelisse le vent à dos de jambes chamanes

os sur roc
les montagnes dévallent en fracas le hennir
et gémir la queue en éclair comme zèbre

je me souviens cul sur dos je défiant la beauté à dos d’étalon la folie stellaire et les constellations muscle comme avalanche c’est le galop une transe ou perce à ruade la montagne dans l’oeil complice on croit enfin voir , la force en rut se prête se passe en une alliance aller entre ciel ailé et le poumon en globe le monde en un trait enfin perçu

c’est la foudre qui répond

le cheval lui te regarde , étonné

surhomme qui se laisse dépecer par le feu, aveuglé

transpercé , sang lance

à terre, pour ce qui n’est qu’un jeu , hors de portée


© éric Chauché, pottok

Pottok , autre nom offert à la fierté millénaire l’herbe semble crier un accord et la laine recouvre comme steppe les montagnes, la vie libre se décide en galop et apaise le temps humer l’air humide brume pour ainsi dire l’herbage est prélude au jambage , je tremble de l’écho du tonnerre et orage la mesure de la vastitude où paître , le Temps , sans prise décline et l’oeil conte l’auvent d’une forêt qui sans entrave se choisit lieu de broussaille comme hêtre

chamaille ton rire plissé tissé

nir

fendre doux le sourire l’ironie sur-homme dans le vertical

est-ce baiser de sel simulacre au crin à galop fou sur la terre sans fin

c’est du fond des âges les os brandissent disent le son
résonne sur la peau

le bois de rose se pousse en creux

les enclos de tâches ocre nef et noeuds

crinière rousse comme femme

cheveux caballe, grive houle, poivre grêle

et l’allure haute cède devant l’abrasif d’une nuit de foudre

est ce baiser ou bocage libre déserre la terre sans faim

© L S peau, 2003

et un jour à Sligo, l’herbe étendue en plaine sur la pierre qui concassée en murets te faisait une robe tachetée comme un parquet de fleurs , ambre violette car le ciel illuminé en cavalcade grise renvoie cette illusion d’une peau tendue si douce et si rugueuse, tourbe hagarde, lumineuses efflorescences les nuages prouvent que l’air dévale comme cheval ivre et enroule le monde en manteau l’ire au vent.


© L S peau, 2003
remerciements : César Aira, un épisode dans la vie du peintre voyageur, © andré Dimanche
éric Chauché, Euskadi, © UMEA

je ne comprends pas bien ce que tu dis,
oui des fois ça se passe ailleurs , je ne sais pas ,
des fois les gens nous apprécie pour des choses que l’on voudrait plus grandes, d’une autre stature, mais peut être ont elles raison ,
quelque fois , les gens se passionnent pour des choses sans intérêt , il faudrait que j’opine et que je dise bravo à un tas de merde , de choses comme de la pisse d’âne, sensées apporter un bonheur hypnotique , pouaf rire , pleurer , j’voudrais presque faire demi tour , claquer la porte , non même pas le jus , simplement plus envie , je suis pas là c’est tout et je reste avec ce qui au fond m’intéresse , des livres me réveillent, des musiques me lèvent l’ancre, parce que là je suis sûr , un point d’ancrage fort, indubitable , là je sais que j’y suis, là y’a quelquechose à faire , je m’entends, pour moi , c’est ma crique et mon vieux raffiot à flot donne du mou;
Un tas de truc comme ça, des retours et détours qui me rendent ivre, moi je me sens fatigué et un tas la passion bourdonne , je la sens au hasard des vents , quand à la brise , n’importe quel moment , après un long moment d’attente, de vide soutenu comme dans cette nouvelle de Conrad, et du dessous si ça se trouve redémarre l’envie d’y être, ondule et les yeux en amandes comme on y croyait plus et c’est jamais ce qu’on croyait , inattendu même si on n’a fait … qu’attendre, raté da,ns la retenue le moment d’aborder, restent des tas de voyages à faire, de bouffes, celles, les nanas je parle, que j’ai désiré comme un nuage beau et étiole du désir , étoile si tu veux , le long flou du désir, en bref , tout ça et c’est si loin , si loin de ce que tu me propose et pourtant ;
ça qui me fait rêver, me donne l’envie ,
et puis la vrai peinture, la lecture les pépites, et puis peut être y arriver, peindre comme ce qui étincelle, qui sait , alors même si la profession ne jure que par untel et untel ,
quoi,
bof ,
et tous ces gens qui se poussent …
ok je suis mauvais, pas la peine de jeter un coup d’oeil sur le passant , moi qui passe, des clous pas de pépètes, et puis l’euphorie de rencontrer le voisin , euphonie, oui peut être,
tu crois? continuer le parcours sur le damier ou peut être suis arrêté quelque part dans le jeu de l’oie et il faut que je reparte , sans doute , un excès de fatigue , peut être faut il du temps pour accumuler des forces , voir clair et retrouver l’envie de repartir , vers l’autre qui comme moi , voit son intérêt ailleurs ,
sans doute est ce cela …

© L S 2006

Jasmin en vol papillon, seul de tige en belles ailes le bariocolore étire les mailles en soubresauts triade sa mature calligraphique comme une offrande, frèle prière et clair ajour la lune au petit matin renvoit la matitée à la nuit opalescence noctambule matiné le maté entre etherenvol surenchère cap pointue meurt blème syrinx  les couleurs circumvolent en volutes bleues collation argentine  les tranchestringle appellent les méridiannes opacité ou  hémisphère à l’aune de l’évanouiescence de l’air , balantremblement végétal et feutiraillement de la terre montagne si proche , envoutement cosmodiluvien l’océan danger heureux de la mer , tresses graminées sur les cactées gémissent,

© L S, 2004

ce mariage entre des sons karmadialogues rapprochent incessamment les flutes des traits filés en une philosophie imperceptible mais qui m’engloutit .

Next Page »