terre en rive du monde


echo à l’article de chris-tian vidal

soy annartista soy annarquista cristiano hebreo moro fenicio y cantor barbaro atlantico verso brigante luso peregrino hacia el amor ….

( Antonio Placer, cancionista)

L S man on the moon 1 2007

donc le politique moi… même ile reste la pauvreté, l’humain qu’on attèle et la pauvreté la désespérée, la place que l’on nie à ceux qui , qui ? aux autres!  ceux qui sont pas moi, disent / pensent ils , une preuve éclatante encore de la frontière et la spiricrasse nonkenon  je n’ai jamais pu me guérir de cette rogne pugnace : qui me déterre hache de guerre,
cela me ramène à cette guerre ?sociale? et surtout ce nonregard dévisageant l’autre ,lui le tas de chair en carton qu’ondule qui devrait être le frère, le voisin , l’autre , que l’on croise en miroir , brisé comm’ dit glissant dans “quand les murs tombent” ed. galaade,
et oui moi je me sens proche , autant qu’en 1984 (S/Yshire) d’un john Berger , au regard pétri de réel autant que de rêve paillette de la rencontre, la le four du réel est la boulange (Placer again) du pain dont nous sommes fait , trop cuit ou à peine flammé , cramé et lavé par le vesuve  ; en tailleur au centre d’une pièce vide embaumé d’un senteur lavande chimique , seul , écarté du regard et d’une main qui tende…
man on the moon 1, 2 êtcétèrra, etxe Terra, essais te taire, et ce ter,
être cette terre, cette terre sera,   , dans le regard main d’un ombre qui fuit en courant le long du cri de Munch ; la nuit ; car c’est la nuit que les pieds voient…

L S man on the moon 2 2007
(quand les murs tombent, l’identité nationale hors la loi , édouard Glissant, Chamoiseau , éd. galaade/inst du tout-monde)

La où le coté mur de l’identité renferme, le coté relation ouvre tout autant …

…. c’était donc aussi une occasion de poésie, là où l’être-dans-le-monde grandit l’être en soi. La beauté est inséparable du mouvement des humanités, de leur quête infatigable …
l’ultime refus du contact et de l’échange viendrait du miroir que l’on brise pour ne plus se voir soi-même, ,,,
les murs qui se construisent aujourd’hui ne se dressent pas entre des civilisations, des cultures ou des identités, mais entre des pauvretés et des surabondance, des ivresses opulentes mais inquiètes et des asphyxies sèches …
dans la mondialité, nous n’appartenons pas en exclusivité à des patries et pas du tout à des territoires mais désormais à des “lieux” des intempéries linguistiques, des dieux libres, des terres natales que nous aurons décidés, des langues que nous aurons désirés, ces géographies tissées de matières et de visions que nous aurons forgées.

Le chatoiement de ces lieux ouvre à l’insurrection infinie des imaginaires libres : à cette mondialité.

(…)

L S 2007
© mikel Laboa, xoriek

Si nous voulons fabriquer une cage de paroles et y introduire Mikel Laboa, nous devrions nous reporter au début du XX siècle et dire : ” Il y eut une grande crise, et les peintres, les musiciens, les écrivains perçurent mieux que jamais la petitesse de leur expression. Tout d’un coup , les langages et les manières héritées du passé leur parurent faux, sinon banals et bêtement bourgeois. Puis vint la première guerre mondiale, l’une des plus  cruelles de l’histoire , suivie de Guernika, puis d’Auschwitz et ensuite d’Hiroshima, et les peintre , les musiciens, les écrivains engagèrent leur lutte contre la bête immonde de la mort en créant des oeuvres qui touchaient forcément la frontière du silence. Pour ce faire ils eurent recours à la tradition populaire, aux modes d’expression des enfants et des fous, aux formes artistiques méprisées par la haute société. Il s’agissait de sortir le langage du marasme où il se trouvait, de ne pas l’utiliser comme simple artifice , comme pure rhétorique. Ce fut le cas de Bertold Brecht, de Tristan Tzara ou de Paul Celan. Ou encore de Ungaretti ou de John Cage, de Picasso et de Dubuffet, de Roy Hart ou de Joan Brossa.

Tels de nouveaux phénix, peintres, musiciens, sculpteurs renaissent incessamment à la vie au dessus des cendres de la réalité. Mikel Laboa en fait partie, il se déplace depuis longtemps dans le monde, par tous les mondes. Mikel Laboa artiste singulier, solitaire, compagnon de tous ceux qui aujourd’hui, au début du  XXI siècle vivent aussi en crise. “

j’ai fabriqué une cage pour y enfermer Mikel Laboa. Mais je regarde à l’intérieur, et je le vois pas. il s’est certainement envolé.

Bernardo Atxaga , livret de xoriek

L  S la caverne 2006

et la caverne est peut être le trop près d’un essaim de plume dont le battement prélude l’évasion

un magnifique poème de carla Ferro sur l’ile de Gorée, me rappelle, s’il en était besoin toute l’importance de ce lieu,

La chair en tranches
De silences
Tressée

Je soupèse le vent
Sous mes pas à l’envers.

mais Tanella Boni qui publie “Gorée ile baobab” aux éditions le  Bruit des autres,  elle aussi nous ramène à cette douleur, l’écrivain poète, préface, chez l’Harmattan “mes afriques mes ivoires ” de Khal Torabully ; non encore lu,

la philosophe me fat réfléchir, elle dit: “Cela est vrai non seulement d’un ouvrage à l’autre, mais au sein d’un même texte où l’art poétique se fait rigueur, sans se diluer devant l’objet de celui-ci “.

L S 2005

mais Gorée, malgré tout pour moi reste le lieu de Mustapha Dimé, auxquel aussi je reviens toujours ,( aux rives des choses )

Gorée , c’est aussi

l’ile

à laquelle il  faut revenir ,

revenir

l’ile ,

cette réflexion de ces deux mots en ressac, morna ou morne , m’inspire, oui en pleine réflexion sur ” l’ici “mes ailleurs ” , alors que l’anthropologie dit nettement que la distance s’estompe , que la correspondance est partout , indubitablement , voila que ceux que j’ai choisi d’écouter nous disent que non , qu’il faut revenir à un point, sans doute ineffaçable, en tout cas,

trace ,

non les z’ ailleurs dans ce cas là partent de l’ile, et il en revient ,

quitte à attendre face à l’océan, témoin qu’il n’est pas d’ailleurs sans ici ,

un petit livre de Chamoiseau et Glissant vient prolonger la réflexion et l’indubitabilité de l’ile,

la grosse ile , l’Afrique, retient encore , comme le dit le poème, en tresse.

L S 2005

L S 2005

L’iris est un abat-jour intérieur de l’oeil, rôle qu’a le pigment pour la peau. Plus l’iris est noir, plus le regard se concentre sur le champ de la face et soude les traits entre eux.

Malcolm de Chazal , sens plastique , l’imaginaire

L S euskal herri 2004

” allô ! vous autres ceux de Guernica vous ne voyez pas venir la peur ? Nous avons deux mille ans de peur et d’effroi et depuis bien plus les montagnes sur nous battent des ailes”

Bernard Manciet , Le dire de Guernica , éd. de l’escampette

L S surgissement 2005
L S mère et enfant 1996

Il faut croire qu’au temps début le chant doux déplié comme une complainte du corps la mère à l’enfant, encore le corps même et la langue prends des intonations les sons seins de  la lumière, chaleur, terre, sueur, la mélopée inlassable tisse les liens en un avant-goût du monde , de la mère à l’enfant le sentiment est maintenant monde et chante, inlassablement comme le vent creuse la latérite,

L S liane 1995

l’attachement raconte l’amour , la guerre, les grandes veines de la terre et le baiser mélancolique du fleuve, les griefs de la pluie, le rêve, l’ancêtre et la haine des autres, l’histoire histoire pelote enroule le fil des lèvres à l’oreille, à ce qu’il faut bien nommer le corps, à le chercher, dedans, à toucher et violemment saisir, à l’absence et l’écart autour, à ce bois ascendance, le ciel est dans ses veines et l’écorce frémit de sève, même sec il en frémit encore, assoiffé, refrain ces raccourcis, ce sont les limites qu’il faudra franchir, le père et les murs de la terre, un jour il faudra aller les pieds alouettes du sol, les retrouver.

L S danse caraïbe 1996

Parfois je me souviens de mes vieux rêves , ou comment la peinture pour moi a commencé, voir, étale, les mots s’étirent pour informer l’espace et se montrer du dedans, la couleur sans confins se résume à la voile déborde la toile et tente la traversée, à bout de sel l’Ariel scande ne la trouver que dans le partir, l’arrivée ou est ce le transit , l’immobilité apparente de la pétulance ; j’écoutais Henri me parler de la terre solaire et le monde entre ces voiles prenait forme, moi dans mon antre et mon vouloir-peindre , je laissais dériver le devenir à l’être et l’imaginaire sculptait, recherchant les sources de l’humain au plis d’ombre de l’écorce , palpant la terre ou ce repos comme socle, l’oubli referme en grands dessins de cercle, poudre fine la soie permet l’envol, évanescences les couleurs intérieures comme cette carte du monde que les visages peignent,

sur l’eau l’homme à la proue du courant, l’inquiétude tend le corps qui veut répondre à la question , du qui au où,

L S solitude 1996

évidemment c’était il y a longtemps,

et j’effilais la pointe du couteau écriant la matière qui glissait, malaxait, le pressentiment s’alliait à la sensation , dans une fine alliance la transe musicale, le voyage entamé se continuait dans le geste créateur, la matière-la luz muette en image, même si acte préparatoire et doute, vision et cheminement par la rumination et la lumination, corps transporté en rêve ou les frontières entre le moi et l’autre s’estompent , dialogue fécondateur ou l’écho seul pouvait envisager , il n’était pas question face à face , le réel grondait au dehors et je savais que la peinture était à prendre le chemin, rencontrer la foudre et l’insatiable de l’air, les éléments et l’homme gravé dans la mer le ciel, avance sur l’herbe et la poudre de la route, au risque de la terre,

L S mémoire de la terre, 1996

je pensais à l’aède, au chamane, au guérisseur, je pensais aux grands voyageurs, et parfois je partais, levais l’ancre à l’antre pour la rencontre, la brûlure impré-visible, mais ce n’était pas le grand voyage, ni le voyage en Orient ni se mêle celui de mon ombre, l’Afrique fantôme, brique et tuile et, Agadès attendait, ma fenêtre ouverte déployait en Pan le fracas de la voix des montagnes le défilé bouche et doigts sur la flute assombrissait et la rencontre me parvenait en rumeur ( M Dimé, M Barcelo, cl Nougaro,  Jog, Nusrat, Jimmy et tant d’autre ), les contours de l’humain en moi prenait la forme de l’autre, éxotait et devenait muraille, celle de Ségou peut être et promettait par la journée ouverte un retour à la densité ; pour l’heure arrêté par rien de réel , je rêvais , et le disais en peinture ;

c L S , l’envol huile 1996

don de l’aigle ,” saut ou envol de l’être, d’autre y ont vu le phénix et cette envolée de lumière au brûlot flamboyant n’a jamais voulu quitter son autre , peut être s’y sent il bien ou s’envole il le soir transformant l’ombre en lumière dans un brasier allumé en hommage au jour , à l’air ensorcelé,

es tu d’Oxun !  oiseau de feu, es tu de Russie, es tu maya, exulte tu dans le cri des montagnes condor qui secoue l’espace

simple souhait de l’esprit ou liberté rythmé dans l’ouvert à l’aurore d’un bleu méridional ? Rut fado l’étreinte atlantique les relents d’un brasier d’Afrique dissimulent la bouche au sang de l’effusion.

L S la saison des amours, 1996

peinture de Jaabi

http://www.myspace.com/jaabster

antipodes, pas des chénopodes … non l’ami de l’ile Leleuva s’entretient du monde avec son kingfisher et son troupeau de snakes , tortugas etc ….. il est venu dire bonjour, il peint la nature et se laisse traverser par les énergies de la terre, du ciel, de la mer, des animaux,des humains, ses frères,dans le respect et et une sorte d’ascèse généreuse, simplement , je crois parce qu’il désire être en accord avec la vie , le monde et son moi profond qui lui dicte la poésie, “l’artistre”, car c’est un mode de pensée , de vie , d’exister,

fisher.jpg

il suffit de le rencontrer pour que cela devienne évident , une sorte de joie pleine, chanter, peindre, être là, dans le respect et le partage, à l’image de cette tradition des îles du pacifique, où le kava,  cette boisson de paix, passe de main en main , est bue, offerte en partage et scelle la fraternité des hommes ; j’ai été tout de suite fervent de cette boisson qui réunit dans les choses de la terre les plus simples, une racine pilée, de l’eau et surtout la ferveur que l’homme met à “communier” cet accord fondamental auquel il faut revenir sans cesse pour que la concorde subsiste.

La même chose est présente dans sa peinture; le tapa, sur lequel il peint est une fabrication traditionnelle des fijis, une sorte de papier  à base d’écorce et feuilles fabriqué par les femmes, sa texture est un rappel à la terre et aux fruits qu’elle porte , un pinceau fruit tombé d’un arbre lui sert à transmettre au tapa des lignes-couleurs trace des pigments récoltés, ramassés plutôt , une peau de la terre de son ile, ou d’une des îles voisines, car comme le rappelle Le Clézio dans “raga” le pacifique est le continent de l’eau, on y voyage donc beaucoup, en pirogue, par voie d’eau ; la rencontre est essentielle même si la solitude ilienne à écouter le souffle et le rythme de l’eau , de la terre, de la forêt et des animaux , les voisins

si simple ,

invisible peace , photo de Jaabi

tellement simple que l’on ne sait plus le faire, quelques berger de mes montagnes, d’autres encore, ailleurs  ; Il peint , il se laisse traverser par ce grand souffle de la nature , à l’écoute de la simplicité d’être, du dépouillement et d’une vérité, d’une sagesse aussi, la parcimonie est préférable à l’excès, étouffoir de la spontanéité, de la parole dans ce qu’elle à de sacré, l’Europe quand il y vient, est trop loin de ce calme et il nous l’apporte , avec une chanson et quelques fruits , quelques accords de sa guitare qui suffisent à la sérénité ;

il fait partie de cette grande communauté d’artistes, d’hommes, habitants de l’océan , peuples de l’eau dirait edouard Glissant, défenseur de cette créativité qui s’en tient à la beauté témoin de la vie,

De l’eau à la grande terre , l’Afrique, et je pense au sénégal , pays que le grand historien Raoul Lonis , son père, à célébré et rejoint à l’université de Dakar, et l’on pense à tous les Hampaté, Sotigui, Djibril Diop Mambety, Ken Bugul, tannella Boni et théodore l’ami, qui de Dakar au cap ont maintenus la langue pour que l’afrique reste symbole et lieu ou l’espace accorde l’homme comme me le disait un sénégalais, il y a peu, étonné d’en trouver si peu chez nous , ce pourrait être  l’Australie, la noire, la rouge et profonde que même les blancs de là-bas ne savent éviter, même à vouloir la détruire, la nier …

Mais son regard ne tombe jamais dans la récrimination mais se contente de l’affirmation d’une vérité autre, et je pense au mahatma Ghandi, le vivre avec sagesse et simplicité comme ce personnage du griot joué par sotigui kouyaté, sourd à la vérité imposée parce qu’il veut que la sienne existe et se dise, survive et vive .

J’y vois tout cela nimbé d’une paix incarné dans le geste de la terre sur le tapa , volontairement retenu et libéré de l’apparence des choses pour en laisser surgir l’essence, le sentiment c’est à dire l’accord ,

Tel est cette ‘vibe’ qui me par vient et que je partage dans ce lieu de vacarme que sont nos villes où le silence a peine à pousser ,

il rit, il deviendra baobab ….

il est  le frère…

peinture de jaabi

et sans oublier mes copains des terres , les koalas ! mais c’est une autre histoire ….

koala2.jpg

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