art


© mikel Laboa, xoriek

Si nous voulons fabriquer une cage de paroles et y introduire Mikel Laboa, nous devrions nous reporter au début du XX siècle et dire : ” Il y eut une grande crise, et les peintres, les musiciens, les écrivains perçurent mieux que jamais la petitesse de leur expression. Tout d’un coup , les langages et les manières héritées du passé leur parurent faux, sinon banals et bêtement bourgeois. Puis vint la première guerre mondiale, l’une des plus  cruelles de l’histoire , suivie de Guernika, puis d’Auschwitz et ensuite d’Hiroshima, et les peintre , les musiciens, les écrivains engagèrent leur lutte contre la bête immonde de la mort en créant des oeuvres qui touchaient forcément la frontière du silence. Pour ce faire ils eurent recours à la tradition populaire, aux modes d’expression des enfants et des fous, aux formes artistiques méprisées par la haute société. Il s’agissait de sortir le langage du marasme où il se trouvait, de ne pas l’utiliser comme simple artifice , comme pure rhétorique. Ce fut le cas de Bertold Brecht, de Tristan Tzara ou de Paul Celan. Ou encore de Ungaretti ou de John Cage, de Picasso et de Dubuffet, de Roy Hart ou de Joan Brossa.

Tels de nouveaux phénix, peintres, musiciens, sculpteurs renaissent incessamment à la vie au dessus des cendres de la réalité. Mikel Laboa en fait partie, il se déplace depuis longtemps dans le monde, par tous les mondes. Mikel Laboa artiste singulier, solitaire, compagnon de tous ceux qui aujourd’hui, au début du  XXI siècle vivent aussi en crise. “

j’ai fabriqué une cage pour y enfermer Mikel Laboa. Mais je regarde à l’intérieur, et je le vois pas. il s’est certainement envolé.

Bernardo Atxaga , livret de xoriek

L  S la caverne 2006

et la caverne est peut être le trop près d’un essaim de plume dont le battement prélude l’évasion

je reviens de lire ce poème d’ariaga , sans concession, magnifique de vérité, un peu désespéré, comme une errance, je retiens ces mots qui nous rappelle à notre condition et en même temps interrogent , car en effet la question de la beauté, du désir et donc de l’humain, est posé ;
La beauté, le large horizon, ce dit de devenir en désir, pour moi comme une voile aux vents dispensateurs, rappel que les muscle tendus du marin peuvent s’attendre à l’orage, à la tempête, qui, Poséidon, balayera le monde de la puissance, donnera au mot dévastation son sens fatal, retournera la beauté dans un réalisme implacable ,
mais cette dureté et la nécessité de continuer ne créent t’elles pas la nécessité aussi de la beauté; la coque renversée peut bien montrer l’immondice, l’envers ramènera l’esprit à l’éblouissement, magnifié par le blanc la voile, le trait de l’homme tracé dans l’avenir égale une dorure à l’or des Dieux;

n’est elle pas une partie de l’humain ,
même si le monde devait démentir ,

mais le peut il ?

Le monde en temps que monde n’existe t’il pas que pour nos yeux, n’est il pas une construction, une question de regard ? et s’il existe n’est il pas double , divers , au même titre que l’homme qui s’y immiscant , le crée, et si parfois notre regard prouve la beauté ,alors la beauté , aussi existe , dans tous les recoins du réel ; même les plus durs et difficile à cerner ,

(je lis J Berger et je m’en convainc) ,
mais il faut savoir la prendre à bras le corps et ne pas faire mentir, tout au moins se mentir, l’angélisme représentation de la résistance de l’homme n’est pas la beauté,

Pays réel débusqué,

sens profond de ce qui est, beauté dans sa vérité, les choses se révèle pour soi, encore que la notion de soi nous empoisonne, l’Orient comme le dit Coomaraswami , (de la transformation de la nature en art) et l’occident d’avant, ne s’y arrête pas, le dépasse, mais moi qui ne suis plus sûr de rien , qui n’est que mes yeux pour espérer, ce qui quelque part est voir, cherche des preuves du monde dans le geste , la vision et le fort intérieur,

m’assoir en forêt, au bord du ruisseau, y voir tout ce qui pourrit et lumière de ce qui, en paradoxe brille , or qui se déverse en moi et me rassure… ainsi commencent certaines des nouvelles de B. Axtaga , ou l’oiseau s’en va découvrir le monde et se trouve face à l’irréconciliable quelque part , dans cette vallée d’Obaba, au dessus, dans cette ile au dessus des montagne, dans la langue, se déroule en rêve, le dialogue fondateur, inquiet de la chaine qui permet le monde, cette nouvelle sur le plagiat ouvre les volets de l’etxe sur une vallée partagée , accessible;

mais pasteur, revenons à nos moutons,
expérience personnelle ou plus universelle , l’homme se retourne de l’envers à l’endroit et ne pense l’un sans l’autre , le monde ne lui permet pas,

et Erri de Luca dit “je connais la fatigue et le supplément d’effort qui l’efface”

je laisserai bien parler Erri , car ce qu’il dit résume ce que je voudrais dire et il faut laisser parler l’ancien , le porteur de ride , le relayeur de ce qui précède;

droit dans les yeux , le réel , j’ai l’impression m’affronte, me dit non tu en fais partie , ( vous en êtes un autre ) plante tes pieds sur la roche , retourne la coque et voit le monde quand il pourrit , laisse les traces parler de l’invisible au jeu du temps , et voit et rêve et ouvre les volets clos;

souffre de ces coups de fer qui limite les envolées, te ramène à la grille et lumière de l’oeil perfuse, t’enjoint malgré tout de ne pas oublier,
il faut parfois aller au fond des choses et s’en revenir , content d’avoir au moins compri que la question ne se posait pas , et de là …. ( comme dit le vieux poème …) ou autrement , se poser rassuré sur le banc aux vieux hochements de tête, rythmes , du jeune broussailleux aux pieds que la terre chaude par le voyage a corné,

se presser au chant , balance des deux revers

insatiables retours d’une beauté, l’illumination aveuglante cède rassurée , le bien-être restauré.

© L S, 2004

cf. John Berger, d’ici là , ed de l’olivier (entre autre)
Bernardo Axtaga , deux frères, Obabakoak, le fils de l’accordéonniste, ed. Ch. Bourgois
A. Coomaraswami, de la transformation de la nature en art, ed. l’age d’homme
Erri de luca, fragments, la pensée de midi N°5/6 littératures (et toute son oeuvre)

…et en guest star Voltaire et Candide, J du Bellay, Amadou Hampate Bâ, Homère, Bruce Chatwin, Georges Brassens, Michel Déon , les poneys sauvages pour le passage d’or de l’Ariel, et tous les autres habitants de ma bibliothèque qui de près ou de loin sont présent.

Anne Madden , peintre irlandaise , Icare, l’immensité , le paysage , la nature comme une immense lumière matière ,

Anne Slacik , la nature plus réelle , dans sa matière mais aussi sa forme , plus tangible mais tout aussi puissante

Nurcan Giz , peintre de l’espace , le bosphore , l’ouvert et le fermé , au dela de la structure staëlienne aujourd’hui obsolète ,

que de perspective ouverte à la peinture large , ouverte , libérée et dense comme ce qu’il nous reste du monde …

des hommes aussi bien sur , plus tard …

©radio-canada
merci à jack Desmarais de m’avoir fait découvrir ce grand artiste

fondation Derouin
comme dirait louve : ” MIAM!

à écouter sur radio-canada.com

…”René Derouin, parti à la recherche de lui-même en 1955, pose son regard sur le monde, sur les autres, sur l’autre, il veut traduire ce qu’il voit. Cependant, son regard plonge vers l’intérieur. C’est ainsi qu’il parvient à faire affleurer à la surface de la toile, du papier, du bois, du bronze, bref de toute matière qu’il touche, l’essence de la tragédie humaine. Homme du XXe siècle, cherchant son identité propre en traversant l’Amérique, de Montréal à Mexico, revenant vers sa terre première, poussant jusqu’à l’Orient, René Derouin intègre toutes les mutations, toutes les migrations, qui font partie du destin de l’être humain moderne. De sa recherche d’identité, de son aventure personnelle, il sait faire une oeuvre unique ouverte sur le monde.” (extr.http://www.paroissestpaul.ca/deroin.html)
…identité, migration, métissage
…réfléchir et créer sur le sens du lieu
…Le largage, c’est un geste qui m’a donné naissance, me permettant de me larguer moi-même

© galerie simon Blais

à voir : la traversée du territoire
” La Traversée du territoire traite de notre appartenance au lieu, de notre dépendance aux forces de la nature et des difficultés que rencontrent les populations en migration. “

avé laksan

Uzeste encore néanderthal ço qué cal dans le toupin grasal de Delteil l’accent revient en rive inaccesssible tous les s tous les k se roll n roll pas troll sans trouille , voila cessa ma rive en si en ut et vive ma patrie de lune qui rime à l’ail à l’oc ad hoc

à écouter toi qui vibre de tous les a&nches de tous mes becs en clés je frappe je tape j’enclume à bout de rire en vague lyre

http://www.uzeste.org/a/index.php/Improvista/HomePage?P

“livre d’artiste, un auteur chante , je danse autours”
(jean capdeville , peintre)

quand j’ai lu ses mots ce fut un éblouissement ,
il y avait le chant et la danse deux mots tronc pour moi ,
et cette façon de le dire , si simple , si totale comme une évidence ,

quel grand peintre ! libre ,
libre car fidèle à ce qu’il sait être et qu’il creuse , creuse ,
et la force, la force de la terre , la force des roche , le sang , le son sourd , total , la résonnance ,
le refus de renoncer à ce qui s’instille
sang hématite la terre le corps se sait et s’élance le corps le tout ,
les deux pieds rieurs tiennent à cet aimant

” la peinture, les peintures toujours cette plaque noire, symbole et témoignage d’un attachement mortel cassé en deux ,, la guerre - que je tente de ressouder dans la limpidité, la chaleur du possible - jean”

extrait de ” l’énergie du sens ” de edward Bond

la seule sagesse que nous enseigne la souffrance est que rien ne nous obligeait à souffrir- si ce n’est notre mortelle condition et la grande faute du temps ,

……. peut être sommes nous d’abord devenus humains quand nous nous sommes découvert acteurs et avons perçu l’acteur en autrui ? quans nous avons découvert que nous pouvions - apparemment vivre ailleurs que dans le mensonge : ce qui a toujours fait de l’art une quête désespérée de la vérité , pas la quête du succès ou du procédé qui ferait fonctionner X Y ,Z , mais de la vérité parce que nous étions condamnés à la tromperie - ou pire encore- à la confusion .

charles Juliet, le poète qui pour moi a surtout écrit les ‘entretiens avec bram van velde’ , là est extrait de son journal (éd.p.o.l ) “quand tu me dis ta soif ,tu calme la mienne”.

“la norme,ds notre société,c’est la mort de l’âme. De sorte que ceux qui cherchent la vie ne peuvent que se sentir coupable.”

“La pire des solitudes,ce n’est peut-etre pas d’etre
physiquement seul.C’est de ne pouvoir communiquer avec soi-même.”

(charles Juliet :Journal 3 -1968-1981ed:p.o.l.)

lo profundo es el aire et CHILLIDA

lo profundo es el aire … ce vers de Guillen a inspiré le grand sculpteur, voila un prélude à une plus grande note sur chillida à venir , au même endroit , gure aitaren etchea , littéralement “la maison de nos pères”, d’ou le “surnom” de mon atelier

le peintre KIMURA

le peintre planté dans son corps et axé par le regard est projeté sur l’immensité cosmologique du figuier, monde en soi , où le peintre cherche à voir,

qu’il cherche à dépasser,
le peintre est là complètement immergé dans l’univers ,

J’aime cette idée et la photo rend cet absolu de lumière.

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