torrent’ elle

2 05 2008

cette distance là
je la caresse comme un torrent qui mêne à la mer ,

comme une faille d’où surgit la lumière

ma propre obscurité nourrie des dessins à l’ocre de peau ,

la blancheur de l’esprit m’habite dans la fermeture pesante de la roche

qui ,
en cercle me laisse libre par inadvertance

la terre a un chant qui toise
me replace au cœur du mystère ,


de la question au fétiche

couche de cendre ,

abandonné au coin du feu ,
il ne sert plus sans doute et l’a t’on laissé là ,
à demi calciné
pour pagayer à la chanterie des sons-mondes ,

les questions rugissent des certitudes,
enterrées ,
à moitié découvertes;

en termes de peut être à jamais




qui peut dire

1 05 2008

les lèvres remuant la peau ce peu de chair dévoile les mots ,

l’empreinte y laisse une secousse de l’air

l’embrase,

qui s’il faut le nommer de chevelure cheval en torse de muscle tremble sous la pression se tord comme un vent qui vole gifle comme des arbres secouées dans la furie du temps les branches injurient des flancs la rage un spasme du cœur exige le respire et l’expire

jambe repliées en maison sur moi, qui dresse les poutres ou la sueur de vivre nous recouvre en peau caprine le temps rêche durcit le sillon comme cuir

et nous en dessous




en terre innée

1 05 2008

en état de guerre pétillante ,
altitude guerrière

la paix ,

D

dé-

terminée

dé-

terre-

minée,

M


innée




frisson vague

1 05 2008

la chaleur
au frisson vague
le visage
haut
dit cette plume de l’air

vu dans le ciel

qui

rouge

les cheveux roulent d’une corde douce
tressée d’un vœux millénaire , jamais accompli
l’Amour ce mot orage déverse et brule ,

non ,

l’A que je poursuit comme libération ,

reconnaissance
ambre comme rasade
nerf
de la brulure

brisure

sans laquelle je ne suis

plutôt moi
et que je fuis

suis-je

presque île dans le désert bleu de ce ciel qui court, dévale océan
te recherche sans route

il est toujours une heure quelque part ,
à un moment
et c’est l’heure

où je pense à toi écris crin et rire ,

pour moi

selle du pacifique car ce mot l’aime vagues et flot

beau ciel qui enrobe ,

vois
le beau visage

noir , bleu ébène plombe comme en survol un rêve

sourire comme jointure

aux mots c’est cette envie qui pointe

et trous que je brille dans mes yeux bois


bouses en lisant les mots , ce tien visage inconnu j’en trouve les traces quand crache la mer

onde écume

les cheveux soie sable

grain fins de tes peaux sont roulade et chaleur au frisson ,

et que je fuis
flute en ut que je ne retrouve que dans le désert bleu de ce ciel qui court, dévale l’océan à ta recherche sans doute




aslé

21 04 2008

ASLEMITA

la finesse de la fée femme puis c’est la douceur violente qui en fandango sans un bruit en clignement d’oeil en hypnos le charme de Brocéliande filtre qui court les forêts de nos rêves à la vitesse du son ,
d’une voix fluette elle murmure l’univers splendide comme rivière qui coule douce , appelle à l’eau des mystère ,
non , c’est beaucoup plus simple que ça , c’est ASLé




j’ai rasé ma barbe , tá sí go hálainn

20 04 2008

Cathy , , tes vents jaspe l’ire comme Eire la mer comme jupe fend l’air vert du vent et tu le chant tu encercles et tu tourne le lourd fer et la tourbe réiterre le vert l’enveloppe brune
dans les creux des yeux s’emballent un rond triste chamaille de peau tambourin c’est les fleurs comme pleurs et l’âpre lumière ce sédiment ou poussent les nuages et de ciel elle s’égare dans les gris pendant que tout tourne au bleu soudain inaptes les couleurs n’en sont pas et virent dans la lande au bas du haut rend ivre et on ne sait plus on entend seulement ta voix qui tonne de douceur et déverse la couleur fibre vielle l’amour en bande fine s’échancre en herbe lumineuse transparait le rythme au fil s’entortillone et voile velour la langue barde roule femme comme gitane et l’ouvre sur l’air




ce que le regard cache

19 04 2008

la peinture sans effet de forme ni de style est plate, le peintre applique

pas si simple car elle peut vibrer ou est ce l’oeil , qui sous les paupières entrevoit

laisse paraitre la magie de la terre de l’air du vent de cette irlande qui se trame évidente

et le trouble embourbe et dévoile ce que l’oeil avait de tout temps à l’esprit

quand la photo s’en mêle :

© sean Scully/gallerie Lelong




la vie faille

18 04 2008

les entendant je caressais l’arbre dans la cour et fit quelques pas, illuminé de ces derniers vers en lune, ils résument tout , et le torse tendu mes pas sautant rejoignent le chemin effacé, cette draille recouverte de buissons épineux , de pierres brise pieds, les sabots torrent et l’attention qui gronde
l’autoroute et
les arches bétons ondulaient pourtant à coté , à deux pas, entre deux
juste à traverser, désopiner la ligne blessure
la voie est une faille

et la mer pleine immensément en répons d’une même lancinance, également veine
mais la femme regardait de ces yeux parole et s’enfonça dans la forêt , moi sur la plage , voyant cela, je pris mon ouverture et mes yeux apprirent





belle au sang

18 04 2008

mélodie les nuages fleurissent en dessus de nos têtes, la voix de Cathy Jordan du groupe “Dervish”

comment
quand le ciel s’enveloppe de la tristesse apparente le monde comme un manteau de pluie , quand les arbres déchirent les élancées fragiles et s’écroulent dans les mousses qui les recouvrent ,
que les étoiles se plient à danser des pas filants en tous sens , à bout d’espace , incohérents dans un feu comme glace
le rythme trop rapide et les barrières de griffes ne permettent plus mon corps sans autre que dormir , l’ambre épuisée ,
l’orage dans la vue ne me permet plus que courir , peut être est ce blizzard qui gronde ou mon totem d’ours là haut c’est mis à ronfler

en renflouement

je me sens triste et loin ce havre mour qui nourrirait
lance à grandir
une tristesse indicible enlève le gout de parler
ramène à la douleur première


nuit de se sentir ce nuage
ne me ramène que le silence et non le corps
cache d’ombre dans les vapeurs que le soleil éclaire
corps et lueur me saliveraient
saluerait mon désir
acharné
à vivre

et enfin je te verrais
sourire
et offrir l’eau
la soif serait épuisée
et nous
allongés

non pour un pot aime une ésie ou autres mots
mais un repos
qui saluerait le sommeil
tant de tensions passées à attendre
en vain que les muscle se détendre
de se défendre
l’esprit côte à côte s’endormirait

belle

le repos de peau




Aimé

18 04 2008

“au matin rouleur de la première force de la première épave de la dernière aurore
nos dents feront le bond d’une terre en haut d’un ciel de cannelle et de girofles
tu ouvriras tes paupières qui sont un éventail très beau fait de plumes rougies de regarder mon sang battre
une saison triomphante des essences les plus rares
ce sera tes cheveux
ballant au vent puéril la nostalgies des longues canéfices
( © Aimé Césaire, Antipode, in “cadastre”, seuil )

aquarelle L Savigneux

Aimé , tu as grisé le monde comme on dit dégrisé , la force de la terre et du fleuve t’accompagne,
toi l’ouvreur , la machette qui rompt l’entrave , je te dis bon vent vers toi, l’homme, bon vent vers l’autre rive , ton retour vers l’Afrique de toujours, la vague de tes veines
le grand pâtre retourne les vents qui lui font remonter la grande eau ancestrale,

je le vois dansant au gué des tambours royaux du retour, riant de se voir enfin réuni, et nous, libéré des entraves, de notre grotte, les mots ont fini par Aimé,

là souffle le vent …….

la tourmente Césaire me frappe, moi , Aimé sur la rive , mais le monde qu’il chante, la vision de l’homme qu’il appelle/interpelle est peut être moribonde , morte , pour ainsi dire , tuée, et que l’oppresseur , lui bien gras et bien portant , kosar renégat rend visite heureux d’en avoir fini , clown d’un revers de manche fait s’envoler les squelettes des colombes , plumes atomisées et épines au bec
portant à bout de bras notre mort …. nègre tu reviens en brume danser le pays natal comme une promesse de remonter le fleuve, au beau son d’une flute qui fleurte avec le diable et chante les amours face à face

retour au pays natal , rebelle le charnier des rêves , mots monde de notre fierté .